Sexisme au travail: la triste réalité

images-carton_rouge_384053026Sexisme au travail: ce que nous vivons et devons toutes et tous dénoncer.

Les femmes victimes de remarques sexistes au bureau peuvent désormais témoigner sur le site et les comptes Twitter et Facebook de Payetontaf. L’occasion de libérer la parole et de dénoncer ces dérapages.

 

« Je te regarde… je t’imagine à poil », « La prochaine fois, si tu veux être crédible, mets une jupe plus longue. Déjà que tu as des gros seins… », « Vous préférez conclure une vente ou conclure avec moi, mademoiselle? ».

C’est un affligeant constat que dresse l’ensemble des témoignages recueillis sur le site Paye ton taf, un peu plus de 24 heures seulement après son lancement sous l’impulsion d’Anaïs Bourdet. La fondatrice de Paye ta Shnek, qui compilait des récits de harcèlement de rue subi par les femmes dans l’espace public a lancé, lundi 21 novembre, un site équivalent, mais en milieu professionnel cette fois-ci. Car le sexisme et les dérapages misogynes ont lieu partout. C’est en tout cas ce que démontre la centaine d’histoires déjà publiées sur le site et les comptes Twitter et Facebook de Paye ton taf, 24 heures après son ouverture.

Cette initiative rejoint celles lancées par les avocates avec le site Paye ta robe dans lequel des femmes avocates racontent les réflexes machistes et patriarcaux de leur milieu ou encore celle des collaboratrices parlementaires avec le blog Chair collaboratrice. Il y a quelques années, c’est Osez le féminisme qui avait lancé le blog Viedemeuf afin de dénoncer le sexisme ordinaire au travail.

L’humour comme prétexte

Ce qui frappe notamment à la lecture des citations publiées, c’est la violence et la vulgarité des propos. On retrouve très souvent la menace du viol en filigrane avec la tentative de justification par de l’humour. Mais parler de viol n’a absolument rien de drôle et de telles « plaisanteries » ne devraient pas être prononcées.

La jeune femme espère que la lecture de ces phrases brutes permettra de créer un choc et de lancer les débats et la réflexion. « Pour moi, tout le monde est concerné: les victimes et les auteurs de ces phrases, bien entendu, mais aussi les témoins de telles scènes. Il faut que les collègues interviennent et se positionnent pour signifier qu’il est absolument inacceptable d’entendre de telles remarques« , espère Anaïs Bourdet, qui souhaite également briser les logiques de déni et de culpabilité souvent à l’oeuvre dans les affaires de harcèlement sexiste : « Les victimes pensent parfois qu’elles ont peut-être fait quelque chose pour provoquer ça, mais il est évident que c’est faux. Et il faut le dire publiquement« .

Ce que dit la Loi

Quoi qu’il en soit, si vous êtes victime de comportements ou de discriminations sexistes au travail de la part d’un collègue ou de votre responsable, ne gardez pas cela pour vous. Sachez que vous pouvez en informer le CHSCT ou solliciter l’intervention de l’inspection du travail. Vous pouvez également vous confier à la médecine du travail ou à votre médecin généraliste. Si vous n’avez pas de médecin généraliste, trouvez-le près de chez vous ! Vous pouvez également faire part de votre situation à votre employeur. Celui-ci ayant l’obligation de garantir votre santé et votre sécurité au travail, il pourra prendre des mesures nécessaires pour faire cesser la situation à laquelle vous être confronté. Si malgré cela, la situation n’évolue pas, vous avez la possibilité de saisir le Conseil des prud’hommes. Il est recommandé de consulter un avocat qui pourra vous accompagner dans vos démarches.

Côté Employeur

En tant qu’employeur, vous avez l’obligation de protéger la santé physique et mentale de vos salariés. D’ailleurs, depuis la Loi Rebsamen, il relève de votre compétence de prévenir les agissements sexistesau travail. « Nul ne doit subir d’agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant », article L1142-2-1 du Code du travail. Parce qu’entre le sexisme et harcèlement sexuel il n’y a qu’un pas, en tant qu’employeur vous avez l’obligation de prendre les dispositions nécessaires en vue de prévenir les faits de harcèlement sexuel dans votre entreprise, d’y mettre un terme et de les sanctionner. En effet, le sexisme peut se manifester de différentes façons, de la plus légère des remarques au plus violent des comportements. Ces comportements peuvent aller jusqu’à traduire des faits de harcèlement sexuel.

Pour lutter contre le harcèlement sexuel et le sexisme dans votre entreprise, vous pouvez mener plusieurs actions :

  • Afficher dans les lieux de travail ainsi que dans les locaux de l’entreprise ou la porte des locaux où se fait l’embauche, les sanctions encourues pour tout auteur de faits de harcèlement sexuel.
  • Rappeler dans le règlement intérieur de votre entreprise les dispositions relatives notamment au harcèlement sexuel. Depuis l’adoption de la Loi Travail, le règlement intérieur doit également contenir des dispositions relatives aux agissements sexistes.
  • N’hésitez pas à vous tourner aussi vers le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) qui peut vous proposer des actions de prévention du harcèlement sexuel et des agissements sexistes.

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