Le Premium Friday: la solution nippone anti burn out

294_le_college_fou_fou_fou_4Le «Premium Friday», une initiative soutenue par le gouvernement japonais, encourage les salariés à quitter leur travail à 15 heures pour aller faire les soldes et s’amuser.

 

Un Japonais sur cinq risque le «karoshi», la mort par surmenage.

 

Les Japonais sont les salariés les plus présentéistes du monde. Et le Japon est également le pays où le taux de burn-out est le plus important… Conscients de ce problème de société, les autorités et les entreprises multiplient les initiatives pour lutter contre ce fléau. Dont celle-ci, à la fois insolite et symbolique: la mise en place du «Premium Friday», qui se déroule ce vendredi.

 

Il s’agit d’une campagne originale soutenue par le gouvernement pour inciter les hordes de «salarymen» harassés par les heures sup à quitter le bureau plus tôt et aller dépenser leur argent.

 

Cette annonce a été faite quelques jours après le dernier épisode de karoshi, survenu le jour de Noël. Employée chez Dentsu, une agence publicitaire, Matsuri Takahashi s’est suicidée, ne pouvant plus résister à la pression et au stress, qui l’ont mené à comptabiliser près de 105 heures supplémentaires par mois. Elle n’avait que 24 ans et seulement 8 mois d’ancienneté dans l’entreprise.

Avant de commettre son geste fatidique, Matsuri avait fait part de son calvaire sur les réseaux sociaux : « Je veux mourir », a-t-elle lancé sur Twitter. « Je suis anéantie, physiquement et mentalement », a-t-elle écrit ailleurs….

 

Désormais, le dernier vendredi de chaque mois, il sera possible de s’éclipser à 15 heures précises. Le premier ministre Shinzo Abe lui-même s’est concocté une après-midi de méditation zen dans un temple de Tokyo, avant un concert.

Sur les réseaux sociaux – dont Twitter – certains internautes ont partagé des photos de l’événement, qui prend des airs de fête foraine. Mais d’autres tweets sont beaucoup plus critiques sur l’événement, et sceptiques quant à son succès.

Cette initiative porte en elle plusieurs objectifs.

Le «Premium Friday» vise d’abord à revigorer la troisième économie mondiale, et doit également contribuer à changer la façon de travailler des Japonais, dont la valeur se mesure à l’aune du nombre d’heures de labeur.

D’un point de vue commercial, c’est également une aubaine: les entreprises se sont empressées d’agrémenter leurs publicités du tampon «Premium Friday», comme le brasseur Suntory Holdings qui offre le premier verre de bière dans certains restaurants et a affrété un train spécial pour une excursion alcoolisée d’une durée de quatre heures.

Au Japon, le «karoshi» fait rage

Un employé japonais sur cinq travaille plus de 49 heures par semaine en moyenne contre 16,4% aux Etats-Unis, 12,5% en Grande-Bretagne et 10,4% en France… et un Japonais sur cinq risque de mourir au travail en raison d’un surmenage. Le fléau se nomme «karoshi», littéralement «mort par excès de travail».

Pire: dans un rapport, on apprend que plus de 20% des entreprises interrogées entre décembre 2015 et janvier 2016 ont déclaré que certains de leurs employés accomplissent plus de 80 heures supplémentaires par mois – 80 heures étant le seuil officiel à partir duquel il existe un risque sérieux de mourir par surmenage. Plusieurs centaines de cas de burn-out mortels sont recensés chaque année au Japon.

Il est donc urgent que les mentalités changent.

Organiser des «Premium Fridays» – même si le signal est positif – ne suffira donc pas pour faire disparaître cette triste réalité…

Partir à 15 heures le vendredi est un bon début. Désormais, il faudrait que les Japonais prennent également des vacances!

Le gouvernement a effectivement envisagé de légiférer pour forcer les salariés à prendre cinq jours de congés par an. Nombre d’entre eux se contentent en effet des 15 jours fériés annuels pour se reposer, se culpabilisant de prendre des congés tandis que leurs collègues font leur travail à leur place.

L’économiste Toshihiro Nagahama l’assure : « il y a une corrélation évidente entre temps libre, vacances et dépenses » chez les ménages. Il estime que si la majorité des entreprises et des employés adoptent la nouvelle mesure, la stimulation induite par la consommation pourrait se traduire par 1,01 million d’euros supplémentaires chaque « Premium Friday », quand on sait que cette activité contribue à elle seule à 60% du PIB nippon. Un argument de poids, qui pourrait laisser entreprises et travailleurs moins insensibles….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources: lefigaro.fr;ecomag.com

 

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