La religion en entreprise : presque 1 manager sur 4 concerné

religion bureau

En 2015, les managers ont été particulièrement concernés par le sujet de la religion en entreprise, soit presque deux fois plus qu’en 2014, comme le révèle l’étude réalisée par l’Institut Randstad et l’Observatoire du fait religieux en entreprise.*

 Les conflits religieux ont également augmenté ces dernières années. Les auteurs de l’enquête expliquent ces chiffres par une « banalisation » de ces sujets. Selon eux, les salariés n’hésitent plus à faire des demandes liées à leurs croyances et à leurs pratiques religieuses.

Les chiffres de l’étude

 

religion en entreprise

 

Face à ces situations, les managers interrogés parlent d’une difficulté à « comprendre les besoins par rapport à certaines religions » et disent ne pas savoir comment réagir. « Les managers se mettent plein de barrières et ont peur d’être discriminants. » remarque Aline Crépin, responsable chez Randstad.

Pour ces derniers, ces types de situation ne sont pas faciles à gérer dans le cadre du travail où la laïcité règne. Beaucoup peinent à « démêler les fils enchevêtrés des libertés individuelles et des principes républicains. ».

Et si dans 94% des cas, la situation reste apaisée, les conflits ont tout de même triplé en deux ans.

Ils concernaient 2% des cas en 2013 et sont passés à 6% en 2015. Les raisons ? Le sociologue Lionel Honoré, interviewé par Le Parisien, évoque les attentats de janvier. Pour lui, ces attentats « ont suscité une implication défensive des pratiquants qui, se sentant stigmatisés, ont souhaité affirmer avec plus de force leur religion. ».

Par ailleurs, les managers évoquent les menaces d’accusation de discrimination et la remise en cause de leur légitimité à contraindre la pratique religieuse.

Ce que dit la loi

Dans le secteur du privé, le principe de laïcité ne s’applique pas et un employeur ne peut pas interdire à un salarié d’exprimer ses convictions religieuses (principe de la liberté de conscience).

Il a cependant le droit d’émettre des « restrictions précises et proportionnées si la pratique religieuse est incompatible avec les fonctions exercées, la sécurité ou la bonne marche de l’entreprise. ». Autrement dit, il n’est pas tenu d’accorder des jours d’absence pour des fêtes religieuses. L’employeur peut en revanche interdire certaines tenues en présence de machines dangereuses, ou si les employés sont amenés à représenter l’entreprise à l’extérieur.

Les solutions évoquées

Carole Couvert du syndicat des cadres, CFE-CGC, incite à créer un « guide » et à ne pas hésiter à en parler avec les salariés concernés afin de mettre en place une façon de fonctionner qui arrange tout le monde. Elle évoque également le cas des entreprises ayant parlé du sujet avec les partenaires sociaux et qui ont trouvé une solution efficace : la création d’un fascicule à destination des managers.

 

* Données tirées de l’étude « Le travail, l’entreprise et la question religieuse » réalisée par l’Institut Randstad et l’Observatoire du Fait Religieux en Entreprise (OFRE) basée sur un questionnaire en ligne rempli entre février et mars par 1.296 salariés, exerçant pour l’essentiel (93%) des fonctions d’encadrement.

 

Sources : Huffingtonpost.fr ; Service-public.fr ; Leparisien.fr/societe ; Franceinfo.fr


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