Interview métier : Directeur des Achats

interview métierCe mois-ci, Gabrielle Marionneau Conseil a interviewé Luben, Directeur des Achats depuis 7 ans.

Gabrielle Marionneau Conseil : Pouvez-vous expliquer votre métier de «Directeur des Achats» en quelques mots.

Luben : En tant que Directeur des Achats, j’optimise, à travers le choix de fournisseurs, l’approvisionnement pour la chaîne de magasins pour laquelle je travaille, par des négociations.

GMC : Comment êtes-vous devenu(e) «Directeur des Achats» ?

L. : Dans ma précédente entreprise, j’étais Chef de Groupe Achats Europe. Un poste de Directeur de Sourcing et Achats m’a été proposé sur la partie Europe. Je l’ai accepté.

GMC : Qu’est-ce qui vous a attiré au départ pour faire ce métier ?

L. : J’ai toujours été attiré par la Grande Distribution et je me suis toujours orienté vers les  Achats à la fois à travers mon parcours universitaire et professionnel.

Les Achats se font au niveau international, que ce soit pour le sourcing, l’approvisionnement ou la négociation. J’ai un profil international, et les Achats ont toujours fait partie de mon cursus que ce soit pour mes expériences ou mes intérêts personnels.

GMC : Pouvez-vous nous raconter votre journée type ?

L. : C’est très difficile comme question car des journées types…il n’y en a pas !

Aux Achats, une journée commence par l’analyse journalière, hebdomadaire et mensuelle des chiffres et consiste à regarder l’évolution du chiffre d’affaires et du niveau de marge.

A partir de cette analyse, je traduis des tendances. Si j’en constate, je réunis les équipes afin de définir comment on peut agir dans l’objectif permanent d’améliorer la rentabilité.

A partir de là se met en place un plan d’actions journalier qui peut concerner une remise en question de l’approvisionnement des chaînes de magasins. On prend ensuite les décisions nécessaires.

Le mot clé de la Direction Achats c’est l’amélioration des conditions d’achats et d’approvisionnement que ce soit en termes de choix de fournisseurs ou de supply chain.

Chaque journée est différente et amène son lot de questions. Est-ce qu’on achète au meilleur fournisseur ? Est-ce qu’il y a telle ou telle négociation spécifique qui peut nous permettre d’améliorer les conditions.

La journée type est toujours orientée sur l’amélioration des conditions d’achats. Ça consiste globalement, en l’analyse des chiffres et en la mise en place de plans d’actions en conséquence.

GMC : Quels aspects de votre métier vous plaisent le plus ?

L. : C’est la prise de risque ! Dans le bon sens du terme bien sûr. Ce qui me plaît c’est la négociation parce qu’elle nécessite de se demander en permanence : est-ce que je négocie bien, est-ce qu’il y a des choses que je peux améliorer ?

J’apprécie d’être en face d’un fournisseur, et sans entrer dans la théorie win-win, de me demander en permanence si mon choix logistique est le plus rentable.

GMC : Comment voyez-vous le métier de «Directeur des Achats» dans 10 ans ?

L. : Les Directeurs des Achats deviennent de plus en plus des techniciens. On a coutume de dire qu’un Acheteur peut tout acheter. Mais la géopolitique se transforme de plus en plus, et je pense que l’Achat devient de plus en plus inhérent à la technique et au produit lui-même. Les acheteurs ne pourront plus ne pas connaître le produit.

De la constitution technique du produit dépend les améliorations que l’on peut obtenir de la part des fournisseurs. Je parle du coût de revient, du coût de la matière première, du coût de l’énergie etc. Il faudra de plus en plus avoir une connaissance parfaite du produit.

Le contexte géopolitique évoluera aussi de plus en plus. Aujourd’hui, on ne peut déjà plus se dire qu’on va acheter en Chine parce que ça va de toute façon coûter moins cher. Au contraire, il faudra prendre soin à regarder combien coûte un produit à son arrivée. Frais de transports ou autre, il s’agit d’un listing global.

L’Acheteur devra aussi maîtriser la notion de logistique et de produit. Aujourd’hui déjà, on se rend compte parfois qu’il vaut mieux acheter à 3 heures d’avion d’ici qu’en Asie.

GMC : Avez-vous une anecdote qui vous est arrivée un jour de travail, et dont vous vous souvenez encore, à nous raconter ?

L. : Oui j’ai une anecdote que je peux raconter mais sans trop entrer dans les détails. C’est un fait qui aboutit à une généralité.

Une fois je me suis retrouvé à négocier avec un fournisseur leader de son secteur et je me suis rendu compte que dans la négociation il faut savoir s’arrêter. Parce que si on va trop loin avec un fournisseur, on risque 2 choses. Fragiliser ce fournisseur, et donc notre système d’approvisionnement, ou aboutir à une négociation à court terme, puisque le fournisseur mécontent ne négociera plus de la même façon la fois d’après. On pense avoir remporté une victoire alors qu’en réalité c’est le contraire.

J’ai constaté que le rapport de force doit être équilibré parce qu’on a besoin l’un de l’autre pour fonctionner.

GMC : Quels conseils donneriez-vous à une personne qui voudrait devenir «Directeur des Achats» ?

L. : Pour devenir Directeur des Achats, il faut être parfaitement au courant du monde et avoir une ouverture d’horizon permanente.

Un Directeur des Achats doit bien connaître la spécificité des pays et absolument maîtriser le système d’approvisionnement.

Il doit être également un excellent manager car la Direction des Achats a une équipe à gérer et à accompagner en permanence.

Il faut également être un bon technicien.

A mon sens, pour devenir Directeur des Achats, il faut avoir une expérience de 10 ans minimum dans les Achats et avoir idéalement travaillé à l’international.

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