Facebook à la conquête des Professionnels…

FB at WorkFacebook at Work, la version professionnelle du réseau social, sera désormais utilisée par les 100 000 salariés de la banque britannique Royal Bank of Scotland.

Avec ce client de taille, la firme californienne se positionne dans un marché qu’elle compte bien conquérir, face à des entreprises concurrentes comme Yammer ou Slack.

Facebook peut-il conquérir le coeur des professionnels ?

 

La version du réseau social destinée aux entreprises, testée par la firme californienne depuis le début de l’année, a déjà séduit un client de taille : la Royal Bank of Scotland (RBS).

 

Les quelques 100 000 salariés de la banque britannique vont désormais travailler sur Facebook At Work (Facebook au travail), a en effet annoncé lundi 26 octobre l’établissement basé à Edimbourg.

 

Facebook at Work ressemble au réseau social que connaissent le milliard et demi d’utilisateurs revendiqués par la firme de Menlo Park. Les employés peuvent y publier des photos, créer des groupes, des événements ou encore envoyer des messages privés à leurs collègues. Ils ne peuvent en revanche y être “amis” qu’avec leurs collègues.

 

“Facebook At Work peut aider nos employés à mieux faire leur travail, que celui-ci consiste à trouver les réponses aux demandes des clients plus rapidement ou à avoir de nouvelles idées lumineuses”, explique Simon McNamara, le directeur administratif de la RBS, dans un communiqué.

La banque britannique a commencé à tester l’ensemble des outils disponibles sur la version professionnelle du réseau social au début de l’été. En mars, 30 000 de ses employés devraient y avoir accès et le service devrait être déployé au reste de la centaine de milliers de salariés que compte l’établissement écossais d’ici la fin de l’année 2016.

Concurrencer Lammer et Slack

Avec Facebook At Work, la firme dont la capitalisation boursière frôle les 290 milliards de dollars (260 milliards d’euros), entre sur le marché destiné aux professionnels (le B2B).

 

Elle vient y concurrencer des entreprises spécialisées dans le service aux entreprises telles que Yammer, start-up basée à San Francisco et propriété de Microsoft, ou Slack, licorne canadienne au succès fulgurant. Et les équipes de Mark Zuckerberg semblent bien parties pour faire leur place sur ce marché.

Le contrat qui lie la firme californienne à la RBS montre que le réseau social est pris au sérieux par les entreprises. Même si Facebook At Work est pour le moment limité. Il n’inclut en effet aucun outil externe. Pour partager et modifier documents de présentation ou feuilles de calcul, les entreprises devront donc chercher ailleurs. Chez Google par exemple, qui multiplie les efforts pour convaincre les professionnels d’utiliser sa suite d’outils Drive for Work. Ou chez Yammer qui devrait, à terme, être intégré à la suite Office 365.

Utilisée en interne par le groupe américain depuis des années, la nouvelle solution fait l’objet d’une bêta privée depuis janvier 2015. Officiellement, elle est testée par 300 entreprises à travers le monde. Parmi les références les plus connues de ce programme de pré-lancement figurent Heineken, la Royal Bank of Scotland, Century 21, ou encore Lagardère Active en France. Un formulaire a été mis en ligne par Facebook pour faire une demande d’accès à cette bêta privée de Facebook at Work. La version finale de l’outil devrait être lancée d’ici la fin de l’année sous la forme d’une offre freemium.

Un réseau social d’entreprise, mais pas uniquement

Quels seront les contours de cette offre freemium ? Ils restent à préciser.

« Les entreprises pourront commencer avec une version gratuite, puis paieront pour bénéficier de fonctionnalités supplémentaires ou d’outils analytics associés », indique Julien Codorniou, responsable des partenariats pour Facebook.

Reste à savoir quelles seront exactement ces fonctionnalités payantes. Facebook pourrait également associer à l’offre premium un service de support, ainsi que des possibilités d’archivage. Cette offre pourrait aussi devenir obligatoire passé un certain nombre d’utilisateurs.

Elle s’accompagne d’une app, baptisée Work, déclinée pour iOS et Android, conçue pour y accéder en mobilité. Avec cette initiative, Facebook se positionne en concurrent direct de nombreux éditeurs de réseaux sociaux d’entreprise, au premier rang desquels Microsoft (avec Yammer), Salesforce (avec Chatter) ou encore Jive, pour ne citer que quelques-uns d’entre eux.

Une solution très inspirée du Facebook historique

 

Facebook at Work reprend les grandes fonctionnalités de Facebook. En premier lieu, « le Profil permet aux collègues de se connecter entre eux », explique Julien Lesaicherre, responsable de Facebook at Work pour la région EMEA. « Il fournit une vue dynamique du profil collaborateur : son activité sur le réseau, les groupes auxquels il appartient, les personnes qui le suivent… »

Comme Facebook, FB@Work propose aussi de créer des groupes. Ils pourront être ouverts à tous les salariés, ou fermés (avec pour les non-membres la possibilité seulement de consulter leur objet), voire secrets et visibles uniquement de ses participants.

« Le groupe permet de gérer des projets, traiter l’opérationnel, le support… », commente Julien Lesaicherre. Enfin Facebook at Work n’est pas seulement un réseau social d’entreprise puisqu’il comprend également, tout comme Facebook, une messagerie instantanée par texte, voix ou vidéo, avec à la clé une fonction de partage d’écran.

Une expérience connue des 1,5 milliards d’utilisateurs de Facebook

Le principal avantage de FB@Work sur ses concurrents ? Proposer une expérience que maitrisent déjà les près de 1,5 milliard d’utilisateurs du réseau social à travers le monde, dont 28 millions en France.

L’outil promet d’être extrêmement facile à prendre en main, y compris pour les administrateurs (via une console de gestion des comptes de l’entreprise). FB@Work pourrait par ailleurs faciliter les interactions avec l’extérieur, que ce soit avec des clients, eux-mêmes présents sur Facebook, qu’avec des fournisseurs ou partenaires.

Des réactions mitigées 

Les premières réactions à FB@Work sont globalement plutôt mitigées. « Si sa gratuité se confirme, Facebook at Work pourra permettre aux entreprises de s’équiper d’une solution de RSE de base. Mais cet outil ne modifiera pas profondément le marché des réseaux sociaux d’entreprise. Il ne devrait pas concurrencer les solutions les plus avancées », nous a notamment confié Arnaud Rayrole, directeur général du cabinet de conseil Lecko.

La délicate question de la sécurité

Dans les colonnes de Techcrunch, Brent Leary, associé chez CRM Essentials, abonde dans le même sens : « Il est certes intéressant pour Facebook de se lancer sur ce nouveau terrain, mais il sera assez difficile pour lui de bâtir une plateforme capable de répondre aux besoins d’interactions multiples du contexte business. »

Pour Rachel Happe, co-fondateur de The Community Roundtable, « les faiblesses de l’outil sur la gestion de contenu et de projet limiteront son intérêt pour les grandes organisations ». En revanche, les PME pourraient, elles, y trouver leur compte.

Autre difficulté soulignée par la plupart des observateurs, Facebook devra aussi convaincre les DSI. La question de la sécurité constituera ici le principal point d’achoppement. Comment les données échangées sur le réseau social par les salariés seront-elles protégées ? Quid également du risque inhérent au Patriot Act américain, qui impose aux entreprises américaines comme Facebook d’ouvrir leurs données aux autorités des Etats-Unis, notamment dans des affaires confidentielles, liées à la défense nationale ?

Toutes ces interrogations restent ouvertes. C’est d’ailleurs ce qui fait dire à certains analystes que l’offre FB@Work devra donner lieu à une entité à part au sein de Facebook… en vue de répondre à toutes les interrogations propres aux entreprises. Les toutes dernières informations sur le projet semblent montrer que c’est le cas.

 

 

 

Sources : Journal du Net, Usine digitale.

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