Cancer et travail: comment faire?

logo_octobre_rosePrès d’une personne sur deux atteinte d’un cancer a moins de 65 ans.

La question du maintien dans l’emploi ou du retour à la vie active se pose donc fréquemment.

Quel est l’impact des cancers sur la vie professionnelle, quelles sont les personnes les plus vulnérables et les solutions envisageables avec les pouvoirs publics et les entreprises ?

 

Un retour à l’emploi parfois difficile

 A ce jour, 2 millions de personnes vivent en France avec un antécédent de cancer. Or, cet événement marque la vie professionnelle. Environ une personne sur deux traitée a moins de 65 ans et la plupart occupent encore une activité au moment du diagnostic. Cependant, trois mois après l’annonce de la maladie, seulement 24 % des personnes travaillent encore et 75 % après 5 ans. Comparés à des actifs sains présentant les mêmes caractéristiques socioprofessionnelles, les personnes touchées par un cancer ont 77 % de chance de conserver leur emploi à deux ans contre 90 % pour le reste de la population. Ces taux varient cependant selon les caractéristiques cliniques (localisation, traitement), démographiques (sexe, âge) et sociales (statut devant l’activité, niveau d’études). Près d’un tiers des personnes exerçant une activité d’exécution perdent leur emploi dans les deux ans, alors que les cadres le conservent à plus de 80 %. Globalement, les individus dont la maladie est de moindre gravité et dont la situation socio-économique est la plus favorable sont les plus favorisées.

L’interruption ou la perte d’emploi s’expliquent par la maladie elle-même, les traitements ou encore la vulnérabilité psychologique des patients. La fatigue, la douleur, les troubles du sommeil, l’anxiété, la dépression sont autant de symptômes fréquents pendant ou après le traitement. Ils altèrent la productivité et nécessiteraient l’aménagement du poste de travail. La discrimination ou la perte d’estime de soi sont également des freins à la reprise d’une activité normale.

Aménagements possibles et prévus par la loi

Les personnes atteintes d’un cancer sont inégales face à l’intensité et la persévérance des symptômes, y compris après l’arrêt des traitements. La fatigue peut persister pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. En outre, l’absence de prévision à moyen terme de l’évolution de la maladie est source d’angoisse. Ces personnes peuvent présenter une anxiété, des troubles du sommeil, de la concentration, un syndrome dépressif, parfois même alors que le cancer est considéré comme guéri.

A ce titre, l’aménagement des conditions et du poste de travail est possible et autorisé par la loi mais dans les faits, il ne constitue pas une garantie de retour à l’emploi. Des dispositifs permettent par exemple une reprise du travail progressive, des aménagements de poste ou une mutation vers un autre poste sans pénalité financière.

Lever les obstacles à la réinsertion

 La recherche se poursuit pour mieux évaluer l’impact des cancers sur la vie professionnelle, identifier les personnes les plus vulnérables et trouver de nouvelles solutions avec les pouvoirs publics et les entreprises. Les relations entre cancer et emploi font l’objet d’appels à projets réguliers dans le cadre des Plans cancers. Plusieurs travaux ont ainsi été financés depuis 2007 et dans le cadre de la mesure 29 du Plan cancer 2009-2013, l’ARC et l’INCa viennent de faire à nouveau appel à la communauté scientifique.

Evaluer l’impact du cancer sur la vie professionnelle

 Un des projets lancés en 2007 a permis de connaître le vécu de 402 salariés en Ile-de-France âgés en moyenne de 49 ans et atteints d’un cancer. Parmi eux, 27 % ont poursuivi leur activité professionnelle au cours des traitements et 79 % avaient une activité professionnelle deux ans après le diagnostic. Au total, un poste sur deux a été aménagé car 61 % de ces personnes se disent plus fatigables qu’avant, 29 % souffrent d’anxiété et 6 % de dépression (contre 10 % et 3 % dans une population similaire sans cancer). Les auteurs ont montré que salariés atteints de cancer éprouvent d’importantes difficultés lors de la reprise, particulièrement après un arrêt de longue durée (supérieur à 6 mois).

Identifier les facteurs associés à la perte ou la reprise d’emploi

 D’autres travaux tentent d’identifier le profil des personnes les plus vulnérables. Le suivi d’une cohorte de femmes de 40 ans atteintes d’un cancer du sein (cohorte ELIPPSE 40 dans les régions PACA et Corse) permet d’en savoir plus. Ces femmes ont été interrogées à 10 et 16 mois du diagnostic, puis une fois par an pendant au moins cinq ans. Les résultats montrent que 28 mois après le diagnostic, 20 % des femmes ne travaillent plus. La perte d’emploi est liée essentiellement à la précarité du statut mais également à l’état de santé, notamment une mauvaise qualité de vie physique et à l’existence de troubles de la mémoire

 Comparer les meilleurs dispositifs de retour à l’emploi

D’autres travaux portent sur la diversité des stratégies et aménagements que les travailleurs parviennent, ou non, à mettre en œuvre pour continuer à travailler.

Les résultats montrent que les aménagements de poste ou des conditions de travail (horaires par exemple) ont un fort impact sur le retour au travail, mais ne sont pas toujours faciles à mettre en œuvre et ne bénéficient pas à tous.

Un certain nombre de personnes en sont exclues, notamment les emplois précaires et les indépendants.

D’autres travaux encore permettent de comparer les dispositifs d’un pays à l’autre.

Ainsi, une étude comparant les stratégies d’entreprises françaises et allemandes montre que les premiers gèrent ces situations au cas par cas, de façon peu formalisée et peu anticipée, alors que les seconds sont beaucoup plus organisés : le salarié reprend rapidement contact avec son milieu de travail, bien avant son retour effectif.

Pendant toute la période de réintégration, qui est progressive, le salarié conserve son statut de malade et continue de toucher les indemnités maladie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources: inserm.fr

Image: logo Octobre rose

One thought on “Cancer et travail: comment faire?

  1. isa,

    les cancers comme toutes les maladies chroniques invalidantes au travail sont préoccupantes, parce que certaines tendances lourdes des conditions de travail génèrent des facteurs qui favorisent les situations de désinsertion professionnelle consécutives à des problèmes de santé : les nouvelles formes d’organisation et de management entraînent souvent une intensification et une densification du travail avec de fortes exigences de productivité, le tout aggravé par les mesures d’augmentation de la durée de la vie professionnelle.
    Prendre en compte les malades chroniques par des mesures d’aménagement du poste de travail sur un plan ergonomique, ou de réorganisation (horaires, télétravail …) ou de reclassement, est une nécessité à la fois sociale et économique, afin que le travailleur malade reste efficace dans son milieu de travail : http://www.officiel-prevention.com/sante-hygiene-medecine-du-travail-sst/service-de-sante-au-travail-reglementations/detail_dossier_CHSCT.php?rub=37&ssrub=151&dossid=554

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