Burn-out, souffrance au travail: s’en sortir.

souffrance travail« Toujours plus »… Voici le credo qui semble régir le monde professionnel. Combien d’entre nous sont soumis à des impératifs – parfois inatteignables – de rapidité, de productivité, de rentabilité ?

L’origine du Burn-out?

Un cercle vicieux : Prise dans ce tourbillon, la personne court après le temps pour essayer de faire toujours mieux. Ce faisant, elle se déconnecte de son corps. Et n’a plus le temps de sentir comment elle va.

Résultat : nombreux sont ceux à ne pas s’apercevoir qu’ils souffrent. Et à se retrouver, quelques semaines ou quelques mois plus tard, au bord du gouffre, du burn-out ou de la dépression.

Mais il est possible d’agir avant qu’il ne soit trop tard. La clé ?

Prendre le temps de s’arrêter, et surtout, de s’écouter.

3 questions à se poser

Comment vais-je?

Une question à se poser tous les jours, le matin, avant de poser le pied par terre, et le soir, avant de s’endormir. Et en particulier le dimanche soir et le lundi matin. L’enjeu ? Ne pas perdre contact avec soi-même.

Est-ce que ce que je vis me convient?

Métier, environnement professionnel, collègues, salaire… Bien sûr, il n’est pas possible d’être pleinement satisfait de tout. Mais une chose reste fondamentale: faire un travail qui nous plait. Car parfois, on souffre car on n’est tout simplement pas à notre place.

Qu’est-ce qui me fait souffrir?

Moteur pour certains, ou, au contraire, complètement paralysant pour d’autres… Chacun de nous a, par exemple, un rapport différent au stress. La question, c’est de sentir à quel moment on bascule dans le mal-être.

S’écouter penser, parler…

« J’en ai plein le dos », « ça me prend la tête »…

Le stress que l’on ne peut pas gérer s’imprime sur notre corps. Tout signe de grande fatigue, toute douleur, ou encore tout trouble du sommeil ne doit donc jamais être pris à la légère.

Autre signal d’alarme : l’incapacité à s’arrêter de penser : si l’on est sans cesse dans l’anxiété, la rumination mentale, c’est que déjà, quelque chose commence à nous échapper.

En cas de Burn-Out, qui est responsable?

Prévenir la souffrance, c’est une obligation patronale.

En effet, c’est sur l’employeur et lui seul que pèsent les obligations de santé et de sécurité au travail. En effet, l’employeur est garant de la santé mentale des salariés (art. L4121-1 CT: l’employeur doit « prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs »).

A ce titre, il est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir le harcèlement moral et sexuel (art. L1152-4 et L1153-5 CT), ainsi que les problèmes de stress et de violence au travail, ceux-ci présentant un risque pour la santé et la sécurité des salariés. Il a en la matière une obligation de sécurité de résultat, qui implique que, en cas de dégradation de la santé mentale des salariés, il est responsable, même s’il n’a commis aucune faute.

Comment agir ?

Face à une situation de souffrance d’un  salarié, le CHSCT ne doit pas rester indifférent, mais il ne doit pas non plus sortir de son rôle.

En cas de présence indéniable d’une situation de souffrance au travail, vous devez incontestablement informer votre employeur. En effet, lui seul peut entamer des démarches, en vue par exemple d’identifier toute forme de harcèlement managérial ou tout risque organisationnel.

Il convient également d’orienter le salarié vers un professionnel de santé (par exemple : le médecin du travail, le médecin traitant…) ou vers d’autres acteurs compétents tels que l’Inspection du travail ou les organisations syndicales, notamment en cas de situation de harcèlement.

Au-delà du cas individuel de l’intéressé (pour lequel il ne peut pas directement agir), le CHSCT doit tout de même mener un travail de fond.

Son rôle étant préventif, cette situation doit lui permettre de rebondir et de rechercher les éventuelles causes de cette souffrance (par exemple à travers la réalisation d’une enquête) et de mener des actions de prévention pour qu’aucun autre salarié ne soit concerné par cette souffrance.

Pour rappel

De 30 000 à… 3 millions. Telle est l’impressionnante fourchette qui permet d’évaluer, en France, le nombre de personnes touchées par le burn-out.

Le premier chiffre est avancé par l’Institut de veille sanitaire (InVS), le second par un cabinet spécialisé dans la prévention des risques.

Une estimation pour le moins imprécise, qui en dit long sur la difficulté à appréhender aujourd’hui le phénomène.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Illustration: Chéreau

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