Attentats parisiens: contrôles renforcés en magasins

logo-vigipirate-alrattPas de frénésie ce lundi boulevard Haussmann à Paris. Mais une réelle animation, avec des contrôles renforcés après les attentats de vendredi.

 Après chaque attentat, les regards se tournent vers les grands magasins parisiens du boulevard Haussmann. Cette fois encore, a fortiori au moment où commencent les achats de Noël.

Le cœur commercial de la capitale, grouillant à la fois de touristes venus de tous les continents et de travailleurs parisiens débarquant de la gare Saint-Lazare toute proche, est identifié par tous comme l’une des cibles potentielles du terrorisme. Pour autant, ce lundi en début d’après-midi, ni les Galeries Lafayette ni Le Printemps ne sonnaient creux.

« Il y a peut-être un peu moins de monde qu’un lundi ordinaire », reconnaît l’un des démonstrateurs du stand Apple Watch des Galeries.

De fait, il n’y a ni foule, ni cohue dans les rayons au pied du gigantesque sapin installé sous la grande coupole. Cependant une réelle animation règne encore. On croise les éternels groupes de Chinois, et si toutes les boutiques des marques de luxe n’affichent pas l’effervescence des jours de forte fréquentation, on note que des queues se sont tout de même formées devant les espaces Louis Vuitton et Chanel.

Au Printemps voisin, moins de monde, mais ce n’est pas le désert non plus. Idem à la Fnac du centre commercial du Passage du Havre, situé entre les grands magasins et la gare Saint-Lazare, où l’on est tout de même surpris du silence qui règne au rayon livres, souvent très fréquenté avec son lot de passionnés assis par terre pour lire. Aux caisses, il faut tout de même faire une petite queue avant de payer.

Au global, dans ce quartier phare du commerce parisien, pas de frénésie mais le mouvement demeure, juste un peu ralenti.

Le plan vigipirate adapté

Bien évidemment, les mesures du plan Vigipirate restent toujours d’actualité et une adaptation a été décidée suite aux attentats.

Les préfets ont ainsi reçu du ministère de l’intérieur une note stipulant que deux mesures étaient élevées à leur plus haut niveau de contraintes.

Ainsi, le niveau Alerte Attentat reste en vigueur en Ile-de-France mais sont renforcés la surveillance et les contrôles, ainsi que le contrôle des accès des personnes, des véhicules et des objets entrants.

Dans le premier point, les préfets sont amenés à interdire ou non les grands rassemblements publics. En Ile-de-France, le préfet a pris un arrêté interdisant toute manifestation sur la voie publique du 14 au 19 novembre.

Dans le deuxième point, les lieux sensibles (lieux culturels, lieux touristiques, gares, aéroports, sites industriels, etc) bénéficieront de mesures particulières de surveillance.

Les centres commerciaux sont notamment concernés sur ce dernier point, et certains sites n’ont d’ailleurs pas ouverts leurs portes au public samedi 14 novembre faute de disposer du personnel nécessaire pour faire les contrôles.

Les autres centres ouverts ont eux posté devant chaque entrée un ou plusieurs agents de sécurité pour contrôler toutes les personnes entrantes.

Des magnétomètres à la Fnac

 Le vrai changement se situe du côté des mesures de sécurité mises en place par les enseignes.

Les grands magasins ont condamné de nombreux accès secondaires pour regrouper leurs centaines d’agents de sécurité aux portes principales. Et là, au lieu des deux ou trois vigiles habituels, on fait face à une rangée d’une demi-douzaine. Ces derniers demandent aux femmes d’ouvrir leurs sacs, et aux touristes d’ouvrir leurs valises lorsqu’ils en ont. Comme à chaque fois depuis 1995 en cas d’alerte attentat.

Mais un nouveau rite s’est institué, conséquence directe des attentats suicides de vendredi perpétrés par des terroristes revêtus de gilets d’explosifs : les vigiles demandent systématiquement aux hommes d’ouvrir les pans de leur manteau ou de leur veste afin, on l’imagine, de s’assurer de l’absence de surépaisseurs suspectes… La Fnac est le seul magasin a ajouter un balayage par magnétomètre.

Pas de contrôle gare Saint-Lazare

Au final, la seule surprise est de constater qu’aucun contrôle n’est effectué à l’entrée de la gare Saint-Lazare (côté rue du Havre en tout cas). L’endroit est pourtant l’un des plus fréquenté d’Europe avec 450.000 voyageurs qui y transitent chaque jour. Il abrite aussi depuis 2012 un véritable centre commercial de 10.000 mètres carrés et 80 boutiques. Plus qu’au Passage du Havre dont les entrées (en plus des accès des points de vente) sont gardées par au moins un agent.

 

 

 

Sources: Les Echos, LSA

Image: Ministère de l’Intérieur

 

 

 

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